Actu Fred Périé


Néguentropie in Catalogue Traverse Vidéo 2014 / Processus

http://traverse-video.org/catalogue_2014/


Manifeste des arts immersifs

Parution d'un ouvrage consacré au corps dans les nouveaux medias.

Anaïs Bernard, Bernard Andrieu (Dirs). (2014). Manifeste des arts immersifs. Nancy, PUN-Éditions universitaires de Lorraine, 140 p.

Anaïs Bernard et Bernard Andrieu – Manifeste émersif. Naissance des arts immersifs.

Les Arts Immersifs sont une expérience qui fait œuvre formant un tout entre le dispositif, l'artiste et le spect-acteur. Accepter de s’immerger est tout un art qui produit des effets involontaires et des interactions sensorielles. La profondeur de notre corps y est découverte par l’activation du vivant en nous. Ici, ce premier catalogue dresse les interfaces – qu’elles soient interactives, imsersives ou encore hybrides – jusqu’à ce que l’illusion soit rompue. Mais où le désir d’osmose des corps devient manifesté!

Interactions
Char Davies
Electronic Shadow, un duo d'artistes de l'ère numérique ;
Tina La Porta
Françoise Lejeune, Collectif Fran & Jim ;
Naziha Mestaoui ;
Fred Périé ;
Nathanaëlle Raboisson ;
Scenocosme : Grégory Lasserre & Anaïs met den Ancxt ;
Hélène Singer ;
Adrianne Wortzel.

Interactions/ Imsertions
Pascale Barret ;
Miguel Chevalier ;
Petra Gemeinboeck ;
Projet Alter Ego, sous la direction de Françoise Lejeune ;
Philippe Pasquier ;
Projet EVA (Électronique et Vivant Asservis) ;
Laurent Mignonneau & Christa Sommerer.

Imsertions
Snejana Barteneva ;
Aelle-Fatia Djemani ;
Lucile Haute ;
Jacques Ibanez Bueno ;
Michael Naimark ;
Erwin Redl ;
Aniara Rodado ;
Philippe Safire ;
Claire Sistach ;
Pascale Weber.

Imsertions/Hybridations
Marie-Laure Cazin ;
Kazuhiko Hachiya.

Hybridations
ORLAN ;
Myriam Gourfink ;
Marion Laval-Jeantet & Benoît Mangin, Art Orienté Objet ;
Zaven Paré.

Hybridations/Interactions
Anthony Antonellis ;
Sylvie Chartrand ;
Dorothée Smith.

Interactions/Imsertions/Hybridations
Aurélie Dumare//Afterme * !*
Luc Courchesne ;
Cyberesthesie ;
Soizic Hess ;
Yann Minh ;
Paul Sermon.


[La Démesure du possible] Inauguration

Inauguration le 17 Octobre à 12h à Nice

merci de contacter arts dans la cité ou moi-même si vous souhaitez y assister

La démesure du possible est une installation vidéo interactive commanditée par l'association Art Dans la Cité, à l’intention des personnes qui souffrent de troubles associés à la perte de mémoire. Cependant, elle ne procède de ma part d'aucune intention thérapeutique. Elle est simplement inspirée de la situation de ces personnes et elle est à leur intention, comme lorsqu’on écrit à quelqu’un, pour se rappeler à lui, pour lui dire qu’on ne l’oublie pas. Elle porte également le sentiment de fragilité que j'ai de mes propres souvenirs.

Le principe de cette installation repose sur des séances ou ateliers, régulièrement organisés, selon les cas, avec les patients, résidents en EPHAD ou personnes en accueil de jour. L’œuvre est à la libre disposition des personnels accompagnant ou soignant des établissements concernés. Ces ateliers peuvent être axés sur une activité physique centrée sur l'œuvre, mais celle-ci peut également vivre simplement aux côtés d’autres activités, sans en être un objet d’attention permanente.

La démesure du Possible à l’Institut Claude Pompidou de Nice a été réalisée grâce au soutien de :
Fondation Stavros Niarchos
Fondation de France
Ministère de la Culture et de la Communication

le blog http://lademesuredupossible.blogspot.com/


[La Démesure du possible] Description


La démesure du possible1 est une installation vidéo interactive à l’intention des personnes qui souffrent de troubles associés à la perte de mémoire. Cependant, elle ne procède de ma part d'aucune intention thérapeutique. Elle est simplement inspirée de la situation de ces personnes et elle est à leur intention, comme lorsqu’on écrit à quelqu’un, pour se rappeler à lui, pour lui dire qu’on ne l’oublie pas. Elle porte également le sentiment de fragilité que j'ai de mes propres souvenirs.

Le principe de cette installation repose sur des séances ou ateliers, régulièrement organisés, selon les cas, avec les patients, résidents en EPHAD ou personnes en accueil de jour. L’œuvre est à la libre disposition des personnels accompagnant ou soignant des établissements concernés. Ces ateliers peuvent être axés sur une activité physique centrée sur l'œuvre, mais celle-ci peut également vivre simplement aux côtés d’autres activités, sans en être un objet d’attention permanente.

Dans la pièce réservée aux ateliers, une image vidéo est projetée à grande échelle sur un mur. Cette image est produite par les mouvements des personnes présentes dans la salle. Selon leur amplitude, ils révèlent partiellement ou totalement des vidéos enregistrées, qui figurent des éléments naturels et des paysages ainsi qu'un vieux film muet. Par moment, les mouvements, sans que l'on sache exactement comment, donnent naissance à des traces durables sur l'écran. Une fois là, celles-ci deviennent autonomes et commencent ainsi leur vie propre : elles se déplacent et changent de couleur sur des durées assez longues, s'échelonnant de la demi-heure à plusieurs jours.

Le dispositif est constitué de ce que j'appelle des tableaux, bien que je ne fasse pas ainsi référence à des images figées a priori. Ces tableaux mouvants sont constitués par une ou plusieurs vidéos choisies parmi la trentaine qui appartiennent à ce projet, et par un ensemble de dominantes colorées qui se succèdent selon des intervalles aléatoires généralement inférieurs à la minute. Ce sont ces éléments qui sont révélés par les mouvements des participants dans l’image interactive et qui constituent ensuite les traces qui en résultent. Il y a ainsi vingt tableaux interactifs assez différents qui se succèdent, se renouvelant chaque matin et chaque après-midi. L'ordre des tableaux est réinitialisé aléatoirement lorsque la série a été entièrement parcourue. Le caractère aléatoire des enchainements réalisés conduit à une grande variété de situations.

En dehors des périodes d'atelier, l’œuvre poursuit sa vie, comme en témoigne un autre écran situé dans un espace accessible au public. A un court différé près, c’est la même image qui y est présentée que celle qu’on verrait dans l’atelier. À long terme, ces traces constituent une mémoire des ateliers, une mémoire éphémère, car les traces finissent au bout de quelques jours par s'estomper puis par disparaitre. Seule la présence régulière des patients aux côtés de l’œuvre peut entretenir la vie de l'image. S'il ne se passait rien, tout finirait par devenir une série de monochromes uniformes.

Comme la plupart de mes œuvres, “La Démesure du Possible” invoque le temps en jouant ainsi avec la mémoire du moment et en évoquant aussi des souvenirs anciens notamment au travers des images vidéos utilisées. C’est bien le temps qui m’intéresse, avec ses processus visibles et invisibles, actifs ou passifs. D’ailleurs, il vaudrait mieux dire les temps, car c’est une multiplicité d’échelles de temps qui nous constituent, temps de l’espèce, temps de la civilisation, temps de la langue, temps de la culture, temps de l’Histoire bien-sûr, mais aussi temps de son histoire, de celle de sa famille, temps du présent, temps de ses pensées, temps de ses actions, possibles ou impossibles. La démesure est certainement là, dans ce qui nous touche au plus près.

Fred Périé

1er Août 2014

1L'oeuvre a été installée en Juillet 2014 à L'institut Claude Pompidou de Nice et au centre Rainier III de Monaco, à la suite d'une commande de l'association Art Dans la Cité. Le journal de bord du projet est visible ici.


Stress in Agency of unrealized projects

Agency of unrealized projects : http://e-flux.com/aup/tag/landscape/

STRESS is fictitious industrial construction, whose only aim is to draw a perfectly straight red line that strikes through a wide landscape on the banks of Loire river estuary. It is drawn over 2 km between an oil refinery and some isolated grove, where it disappears. The line is not only a figure of utopia in a given landscape, not only a simple graphical idea, it is also a figure of all human ideas at work inside what we think as Nature and we idealize as harmony. Thus it is a sign of tension, raising the questions of excess – as opposed to adaptation – excess of products and excess of consumption of matter. The project also confronts the industry of its own making and the utopia it claims to represent. The stress would not just be some symptom of our difficult adaptation to the environment, the latter being spontaneously thought as autonomous. It is also the unavoidable shock of vain ideas and dreams, with a reality, which by essence is real, rough and quite foreign to our desires. This project was intended for Estuaire 2009 in Nantes (France) and was not accepted by the selection jury.


Un texte à propos de Néguentropie

Maxime Gaborit, étudiant à Sciences-Po Paris, a écrit un texte à propos de Néguentropie, qu'il a eu l'amabilité de me transmettre. Le voici :

« Rencontrer un homme, c'est être tenu en éveil par une énigme ». C'est cette phrase de Levinas qui m'est revenue en découvrant l’œuvre numérique, générative et interactive, de Fred Périé, Néguentropie. Car c'est exactement lorsque ce n'est plus l'homme, mais la chose, qui nous tient en éveil par une énigme, que naît l'art. Du simple peut parfois naître le complexe, la profondeur et l'émotion. Néguentropie en est un excellent exemple. Cet artiste, qui a longtemps développé des logiciels de simulation numérique, nous offre avec cette œuvre un véritable moment de réflexion. Mise au point en 2007, on a pu la voir dans différentes expositions. Sur un écran, blanc, épuré, des lettres se déplacent dans tous les sens, donnant une impression de chaos et rendant la lecture impossible. Cependant, lorsque l'on prend le temps de l'observer, un cercle grisonnant apparaît là où se pose notre regard, capté par une caméra positionnée au dessus de l'écran. Dans ce cercle, les lettres, petit à petit, retrouvent leur place. On peut alors lire un texte de l'artiste. Un fondu au blanc empêche toutefois une lecture totale du texte. Le programme utilisé, écrit en langage C++, s'appuie sur plusieurs bibliothèques open source : la SDL, Simple Direct Media Layer, simple d'utilisation et suffisant pour la sobriété de l’œuvre, ici utilisé pour la parti graphique et le multitâche ; la bibliothèque OPENCV pour la détection et le suivi des visages ; et enfin la bibliothèque ffmpeg qui permet l'acquisition caméra par webcam. Néguentropie est réservée, hostile face à l'inconnu, mais elle n'attend qu'une chose, qu'on s'intéresse à elle, qu'on cherche ce qu'elle cache de plus profond. Ainsi se noue avec le spectateur, – ou plutôt le lecteur, presque l'ami – une relation d'une grande intimité, car il doit attendre plusieurs minutes, pour pouvoir enfin lire le texte... qui disparaitra quelques secondes plus tard ! Plus profonde qu'une simple relation physique – le lecteur ne touche pas l’œuvre –, c'est bien une relation extrasensorielle, intellectuelle, qui se noue avec elle. On peut même apprécier la solidarité qui se met en place, lorsque deux ou trois spectateurs, adultes comme enfants, pareillement captivés, se mettent à l'observer en même temps pour voir l’œuvre se dévoiler un peu plus vite. Il se noue donc aussi une relation entre les spectateurs. Néguentropie réserve manifestement de grandes surprises ! Derrière cette œuvre s'articule plusieurs réflexions sur notre rapport à la lecture et à la culture, et sur notre rapport au monde. A l'heure où l'on se bat contre un monde qui s'accélère, Fred Perié propose d'enfin prendre son temps, d'enfin redécouvrir la véritable essence des choses, qui ne s’obtient qu'avec concentration et patience. Mais derrière le titre et le texte, c'est le thème de « l'être » et du sens qui ressort. L'absurdité du chaos, de l'entropie, de l'agitation, contraste avec la possibilité d'un sens qui se dessine lorsque les lettres reprennent leur place, la néguentropie trouve sa place. Il existe un sens derrière le monde absurde dans lequel nous vivons, un sens dont on a peur qu'il ne s’efface, qu'il ne se perde encore une fois – c'est le rôle du fondu au blanc, qui témoigne de l'échec de la littérature dans cette quête de sens. Néguentropie devient alors, de facto, une œuvre métaphysique de par les réflexions qu'elle engage. Néguentropie est donc, sans hésitation, une œuvre réussie. Cependant, même si l'intimité d'une salle d'exposition est propice à une telle expérience, on peut peut-être regretter qu'elle ne s'insère pas dans l'espace public, notamment les lieux de transport, où les utilisateurs oublient souvent de prendre le temps. Fred Perié prépare en ce moment une adaptation cinématographique de Néguentropie. Mais en attendant, je retourne lire quelques œuvres classiques à coté desquelles je suis sans doute passé lorsque je ne prenais pas le temps... de prendre le temps.


[La Démesure du possible] Expérimentation

Le projet La Démesure du Possible commandité par Art dans la Cité a commencé début Février par une phase d'expérimentation en résidence à L'hôpital de Monaco. L’œuvre sera installée en 2014 dans l'unité Ravera qui accueille des personnes âgées atteintes de troubles neurologiques variés.

L'objectif de la résidence était d'entrer en relations avec les patients et le personnel soignant et de comprendre comment chacun réagissait par rapport à l’œuvre. Une esquisse de l'installation immersive a donc provisoirement été mise en place dans une pièce dédiée. Les patients ont pu expérimenter l'interaction avec cette esquisse au cours d'une série de 6 ateliers. Dans leur grande majorité, ils ne se sont pas montrés indifférents et pour certains ont exprimés leur avis sur l’œuvre et sur l'art en général. Avec ces personnes âgées, j'ai retrouvé les mêmes attitudes et les mêmes opinions que dans le public en général. 

Le personnel soignant s'est montré bienveillant envers cette démarche et même s'il est difficile de penser que l'art ait une incidence thérapeutique directe, il est clair qu'une œuvre peut accompagner agréablement le séjour du patient en lui offrant l'occasion de bouger et d'échanger sur des questions assez éloignées de ce qui l'occupe habituellement.

Pour ma part, j'ai vraiment apprécié l'accueil qui m'a été réservé, et surtout l'échange avec les patients, souvent stimulant, toujours sensible.

Le projet maintenant passe à une étape d'élaboration artistique, car l'installation étant destinée à rester en place dans la durée, il est important d'envisager son évolution, non seulement sur le temps court (interactivité) mais aussi sur le temps long, voire très long (générativité). Cette démarche exige également un travail technique substantiel, notamment pour la création des algorithmes spécifiques et de l'automatisation, car l'installation ne nécessitera aucune intervention du personnel sur place.

Pour plus d'info, suivre le blog de arts dans la cité : http://lademesuredupossible.blogspot.fr/

Néguentropie au cinéma

Néguentropie
Vidéo interactive, 2007-2014
Musique Thomas Charmetant
Durée 6 mn

A l'écran : un texte dont la disposition sur la page se brouille constamment, le rendant illisible et mouvant. Seul le regard des spectateurs présents en permet la lente recomposition jusqu'à ce qu'il devienne à nouveau lisible.

Une nouvelle version de Néguentropie pour les salles de cinéma sera présentée dans le cadre du festival Traverse Vidéo du 17 au 31 Mars 2014

Attention dates modifiées
  • Performance le 21 Mars 2014 vers 16h
  • à l'ESAV
  • Programme en pièce jointe

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Texte de Bruno Jouhet

Est-ici, là où ailleurs ? Sommes-nous là où nous sommes ? Dans cette installation qui, a priori, ne dit rien de nous, si ce n’est les fauteuils où nous pourrions nous asseoir, l’écran et la possible visualisation de quelque chose, mais de quoi ?  Puis peu à peu quelque chose change et bouge en nous. Nous sommes partie prenante de cette installation, sa part manquante et agissante. Elle se met et nous met en mouvement, se donne et nous donne vie et se donne et nous donne corps dans un temps et un espace aléatoirement définie par elle. Elle n’existe pas sans nous et nous sans elle. Dans le jeu qu’elle nous insuffle, émergent des questions. Sommes-nous soumis au temps qui nous dépossède de l’instant, happés par le passé qui s’efface et qui nous empêche de rejoindre le présent, en nous l’ôtant, décalés que l’on a d’avoir, par inattention, abandonné ce présent parce que l’on se projetait dans l’avenir, nous n’avons pas vu la vie venir nous rejoindre dans le moment où elle nous faisait signe, accrochés à la machine qui nous fait parler ailleurs alors que nous sommes ici. Mais qu’est-ce qu’ici ? Puisque l’ailleurs si nous y sommes devient l’ici-même par le truchement d’un espace qu’il crée et où nous croyons être. Qu’est-ce qui nous rend présent à la présence ? Est-ce l’ici ou est-ce l’ailleurs ou plutôt un télescopage des deux qui dans l’ici produit de l’ailleurs ou qui dans l’ailleurs nous rappelle à cet ici ? Si l’ici nous fait signe et par là même nous assigne à n’y être pas, saurons-nous jusqu’à quel point l’ailleurs peut rendre compte de cet ici ? Ici où nous sommes sans que nous y soyons par l’entremise du maintenant. Est-ce le maintenant qui nous fait pénétrer dans cet ici et qui du coup lui donne un corps ? Un corps dont nous pouvons jouer en lui rendant sa liberté dans son rapport au temps et à l’espace, un corps soudainement débarrassé de ses postures. Un corps qui fait agir le maintenant dans l’ici tout en tenant compte de l’ailleurs, du plus tard ou de l’avant. Mais qu’est ce qu’avant si ce n’est que tout à l’heure ou qu’est-ce que plus tard puisqu’il n’est pas encore là ? Nous continuons de nous mouvoir pour occuper le présent, tout en persistant à nous éloigner de la présence.
La présence n’est-elle pas ce frottement de l’ici et du maintenant, de l’ailleurs de l’avant et de l’après ? Quoique l’après ne soit pas de l’ici et que l’ici n’est qu’un apprêt du maintenant. Alors est-ce ici le maintenant ? Comment se maintenir dans le maintenant en sachant qu’il est ici, ici et maintenant, est-ce ici ?

Bruno Jouhet


est-ce ici ? au cinéma

est-ce ici ? sera diffusé en première partie de certaines séances de cinéma au Centre des Arts d'Enghien

  • Dates à préciser

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