Au début... une agitation ! un début ? ...une agitation, qu'on pouvait croire insensée... chacun avait l'illusion de ne pas y penser. Il y aurait donc eu là la possibilité d'un sens et beaucoup étaient tentés : une explication en dehors, en dehors d'eux ? Un texte ailleurs, Un texte déjà là... dans cet ailleurs-avant... Pourtant il fallait bien « être » ! ... peut-être. Maintenant ils sont sans destin, s'abandonnant... s'abandonner à rien, ce n'est pas plus absurde qu'une autre posture. Mais être sans avenir ? - Non ! Décidément non ! Quelque chose serait donc en train de s'écrire là, mais doucement. Une musique ? Un texte simple et vrai ?... tout serait vain sinon. Tout serait vain sinon cela, cela que l'on éprouve. Celui qui vit, s'emploie à penser ressentir... ou à imaginer ressentir. Il ne communique que cela, pourvu qu'un autre pense à ressentir de même... ou se l'imagine. Celui-là et cet autre ne se laissent pas pénétrer par l'idée de l'idée, substituée à l'idée, par l'idée du fantasme, substituée au fantasme. Ils sont dans des temps décalés et cependant ils résistent. Ils disloquent le réel dit réel, le simulacre. Ils l'éprouvent. Ils l'obligent à se placer dans leur propre monde. Ils savent le chaos et, de là, voient surgir des formes, des formes par trop étranges... des formes nées de leur propre désir : du désir de trouver des formes ! Le texte, ce serait cela... face à « ce que j'ai perdu », face à « ce que j'ai gagné », ceci même face à cela même! Le passé en désordre... Un texte donc, dressé face au chaos ! Pourtant la nuit vient... et tu me parles. La machine continue sa manière de défilement... pas même une fiction ! Une arithmétique plutôt, mais fausse, car elle n'est que l'illusion d'un infini, qu'un artifice que nous savons borné, mais dont la limite nous restera inconnue, cela aussi nous le savons... nous voilà maintenant silencieux, au-delà des cartes et du temps. avec la crainte incessante que, la lumière disparaissant, tout ne s'efface.

Fred Périé 12 Septembre 2007